Votre prochain PC coûtera plus cher. Beaucoup plus cher. Depuis l’automne 2025, le marché de la mémoire RAM traverse une crise sans précédent. Les tarifs ont bondi de 170 % en quelques mois, et les analystes du secteur n’entrevoient aucune accalmie avant fin 2027. Derrière cette flambée, une guerre silencieuse se joue entre les datacenters dopés à l’intelligence artificielle et le reste de l’industrie informatique. Décryptage d’une situation qui bouleverse déjà les habitudes d’achat des consommateurs et des professionnels.
L’intelligence artificielle aspire toute la production mondiale
Les usines de Samsung, SK Hynix et Micron tournent à plein régime. Pourtant, les stocks fondent. La raison tient en trois lettres : IA. Microsoft, Google, Amazon et Meta engloutissent des quantités astronomiques de mémoire pour alimenter leurs centres de données. Ces géants paient le prix fort, et les fabricants leur donnent la priorité.
La mémoire RAM destinée aux serveurs d’intelligence artificielle rapporte bien davantage que celle vendue aux assembleurs de PC grand public. Un calcul économique simple qui explique pourquoi votre kit DDR5 32 Go est passé de 150 à plus de 400 euros en quelques mois. Les capacités de production n’ont tout simplement pas suivi l’explosion de la demande.
Micron abandonne le marché grand public : un signal d’alarme
Après trente ans de présence, Micron a retiré sa marque Crucial des rayons fin 2025. Ce départ n’a rien d’anodin. Le fabricant américain préfère concentrer ses ressources sur les contrats juteux avec les hyperscalers plutôt que de se battre pour vendre des barrettes aux particuliers.
La GDDR7 complique encore la situation
Les cartes graphiques subissent elles aussi les conséquences de cette pénurie. La nouvelle norme GDDR7, plus performante mais aussi plus difficile à produire, aggrave les tensions sur l’approvisionnement.
Nvidia réduit sa production gaming
Le géant vert envisagerait de diminuer de 30 à 40 % la fabrication de ses GeForce RTX 50 au premier semestre 2026. Les modèles milieu de gamme comme la RTX 5060 Ti seraient les premiers touchés. Nvidia préfère réserver la mémoire RAM vidéo disponible pour ses puces professionnelles dédiées à l’IA, nettement plus rentables.
Les partenaires livrés à eux-mêmes
ASUS, MSI et Gigabyte doivent désormais se procurer leur propre VRAM. Nvidia ne fournit plus ces composants avec ses GPU. Résultat : les coûts grimpent, les délais s’allongent, et certains modèles pourraient tout simplement ne jamais sortir.
Les PC et smartphones répercutent déjà la hausse
Dell a relevé ses tarifs de 15 à 20 % en décembre dernier. Lenovo a prévenu ses revendeurs que les prix actuels ne tiendraient pas au-delà de janvier 2026. Même Apple, pourtant habitué à négocier des conditions avantageuses, voit la facture s’alourdir pour ses iPhone et MacBook. Côté Android, les smartphones d’entrée de gamme pourraient revenir à 4 Go de mémoire RAM en 2026, un retour en arrière de plusieurs années.
Ce que les acheteurs peuvent faire maintenant
Attendre une baisse des prix relève du pari risqué. Les analystes de TrendForce situent le pic tarifaire vers mi-2026, avec une stabilisation progressive ensuite. Pour ceux qui prévoient un achat ou une mise à niveau, plusieurs options méritent d’être étudiées. Acheter sa mémoire RAM dès maintenant, avant les prochaines hausses, reste la stratégie la plus prudente. Privilégier la DDR5-6000, qui offre un bon rapport performances/prix, permet de limiter la casse. Surveiller les fins de série DDR4, encore compatibles avec de nombreuses plateformes, constitue une alternative économique. La situation actuelle rappelle la crise des GPU de 2021, à une différence près : cette fois, c’est l’ensemble de l’écosystème informatique qui trinque.
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