Content ID rémunère mieux les ayants droit, mais pourrait tuer la création des auto-entrepreneurs sur YouTube

Content ID, c’est un algorithme mis en place par YouTube en 2007. Il permet à la plateforme de reconnaître automatiquement si le contenu d’une vidéo emprunte l’œuvre d’un autre artiste (musique, cinéma, etc.). Il reverse ensuite tout ou une partie des droits d’auteur à l’intéressé. La plateforme se vante de l’efficacité de ce procédé qui lui a permis de reverser 3 milliards de droits d’auteur. Cependant, les créateurs du site d’hébergement de vidéos dénoncent une démarche malhonnête qui ne vise qu’à contenter les annonceurs.

 

YouTuber, une situation délicate

Presque tous les créateurs de contenus vidéo sur la plateforme sont des auto-entrepreneurs. Leur situation est donc souvent difficile et précaire. En effet, leurs revenus sont souvent très maigres. En plus, ces revenus sont extrêmement variables et dépendent presque uniquement du nombre de visionnages et des annonceurs qui acceptent de figurer au début de leur vidéo.

Depuis quelques années, le site d’hébergement de vidéos a multiplié les mises à jour de ses conditions d’utilisation et de son algorithme. La conséquence directe est de précariser encore plus le statut des créateurs de contenus. Désormais, l’immense majorité de ces vidéastes sont pieds et poings liés face aux exigences des annonceurs qu’ils doivent contenter et ne pas risquer d’offusquer. En effet, ils risqueraient de perdre leurs revenus.

 

Content ID, un outil un peu trop puissant ?

Face à cette dépendance vis-à-vis des annonceurs, vient s’ajouter un nouveau problème pour les auto-entrepreneurs vidéastes : le logiciel Content ID. Ce petit algorithme très puissant repère automatiquement les extraits de films et de musique utilisés dans une vidéo et capte une partie ou la totalité des revenus générés par la vidéo pour les reverser aux ayants droit.

Un YouTuber ayant utilisé quelques secondes d’un film dans une vidéo de plus de 30 minutes peut donc perdre la totalité de ses revenus à cause d’un infime pourcentage de son travail. Certes, le site d’hébergement de vidéo a raison de se vanter de l’efficacité de son algorithme, mais la plateforme oublie que la loi lui interdit de capter des droits d’auteur quand l’utilisation relève de la parodie ou de l’illustration (analyse, critique, etc.). Surtout, la plateforme oublie qu’elle doit également son succès à la liberté de ton de ces créateurs plus qu’à l’argent des annonceurs.

 

 

Un métier qui continue de séduire

Pour autant, malgré toutes ces difficultés, nombreux sont les entrepreneurs à se lancer à la conquête de du site d’hébergement de vidéos le plus célèbre au monde. La plateforme continue de les séduire pour plusieurs raisons. D’abord, il y a l’audience importante qu’elle leur permet d’espérer toucher. Ensuite, il y a le fait que d’autres méthodes de financement apparaissent.

Que ce soit le financement participatif par le don ou le financement participatif par le minage de cryptomonnaies ou le visionnage de publicités, il y en a pour tous les goûts. Être YouTuber reste donc un métier difficile et précaire, mais des solutions apparaissent pour stabiliser ses revenus. Il semblerait que la création sur la plateforme ait encore de beaux jours devant elle.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous à notre newsletter