La publication de documents confidentiels dévoile la gestion des données personnelles chez Facebook

Jusqu’au bout, 2018 sera une année très difficile pour Mark Zuckerberg. Entre les différents piratages et le scandale de Cambridge Analytica, rien n’aura été épargné au réseau social et à son dirigeant. Actuellement en procès contre Six4Three, l’entreprise américaine a eu la mauvaise surprise de découvrir que certains documents qui avaient été saisis ont été rendus publics par la justice du Royaume-Uni. En effet, l’Angleterre juge qu’ils ont un intérêt pour le débat public. Alors, qu’est-ce que ces documents nous apprennent ?

 

Des accords entre Facebook et certaines entreprises

À ses débuts, le réseau social offrait un accès quasiment complet aux données personnelles de ses utilisateurs. Cela était possible via son API (l’interface qui permet à un logiciel d’offrir un service à d’autres logiciels). Avec la montée de la méfiance de ses utilisateurs, l’entreprise de Mark Zuckerberg a officiellement limité l’accès aux données personnelles aux alentours de 2015.

Cependant, on découvre dans ces documents que le réseau social a continué à marchander ces informations avec d’autres entreprises. Une liste blanche a été mise en place pour permettre aux entreprises qui y figurent d’accéder sans limites à ces données. Pour être sur cette liste blanche, il fallait évidemment signer un contrat et proposer une contrepartie. Le pire, c’est que si un de vos amis utilise le service d’une de ces entreprises, il peut alors accéder à vos données.

 

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Facebook, le réseau social tout-puissant

Les documents rendus publics nous apprennent également d’autres fourberies de la part du réseau social. Par exemple, la firme américaine aurait développé un VPN gratuit appelé Onavo. Il permet  de mieux absorber les données de navigation des utilisateurs. Alors même qu’un VPN est toujours vendu comme un moyen pour protéger ses données, Facebook en avait détourné l’usage.

Ces données, le réseau social s’en est servi pour déterminer les applications les plus en vogue. C’est cela qui aurait poussé l’entreprise à tenter de racheter Snapchat. Face au refus de vendre de son propriétaire, Zuckerberg aurait pris la décision de tuer l’application. Comment ? Exactement comme avec Vine. C’est-à-dire en refusant de partager la moindre information sur ses utilisateurs au service, pour l’empêcher de se développer et de suggérer des personnes à suivre.

 

Les données personnelles, le nouvel or digital

Avec ces nombreuses révélations, le doute n’est plus permis : voilà bientôt dix ans que la firme américaine a compris que sa véritable valeur se trouvait dans sa capacité à partager massivement les données personnelles de ses utilisateurs. Depuis, le réseau social a tout mis en place pour pouvoir le faire tranquillement. Il est même allé jusqu’à proposer des mises à jour de l’application Android pour forcer les utilisateurs à accepter ce partage sans qu’aucun écran de validation n’apparaisse.

Il est donc sans doute vain de penser que l’entreprise de Mark Zuckerberg renoncera un jour à ce partage de données personnelles. De plus, les dirigeants du réseau social ont parfaitement conscience de ce qui choque ou non le public. Pour chaque opération risquée, une réponse publique est systématiquement préparée. D’ailleurs, chaque point révélé dans ces documents a déjà sa réponse publiée par le réseau social.

 

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