Elections américaines : Le duel entre Donald Trump et Joe Biden concerne aussi le domaine spatial

L’avenir du secteur spatial ne sera pas le même selon le candidat qui sortira vainqueur de ces élections présidentielles.

Nous sommes à quelques heures des élections présidentielles américaines et les tensions montent quant à la potentielle issue des votes. En effet, les citoyens américains ne sont pas les seuls à être concerné par celui qui deviendra le numéro un des Etats-Unis puisque les secteurs industriel et entrepreneurial attendent également les résultats du vote avec impatience.

Pour l’industrie spatiale, en particulier, le fait que les votes penchent en faveur de Trump ou de Biden pourrait changer drastiquement ses plans d’avenir, de concurrence et de financement.

 

 

Donald Trump et Joe Biden : Deux regards différents sur le secteur spatial

Le vendredi 30 octobre 2020, Reuters nous rappelle les plans de Donald Trump et de Joe Biden à l’issue de ces élections. Si l’actuel président américain Donald Trump est réélu, il prévoit de lancer une mission lunaire en 2024. De plus, il souhaite mettre fin au soutien financier accordé par le gouvernement américain à la Station Spatiale Internationale (ISS) en 2025 pour transférer le contrôle de ce laboratoire orbital à des sociétés spatiales privées.

En revanche, si Joe Biden remporte ces élections, il a annoncé un report de la mission lunaire et une extension du financement de l’ISS. Toutefois, ces deux projets présentent l’un comme l’autre des avantages et des inconvénients pour les principaux acteurs de ce secteur, notamment, Boeing, SpaceX et Blue Origin.

 

 

 

 

Le plan de Joe Biden ne fait pas l’unanimité

Apparemment, le plan de Biden avantagerait plus Boeing dont le contrat annuel d’exploitation de l’ISS, pour 225 millions de dollars, prendra fin en 2024. Ce plan désavantagera néanmoins les entreprises SpaceX d’Elon Musk et Blue Origin de Jeff Bezos qui se démènent pour construire et proposer des fusées qui peuvent concurrencer la fusée Space Launch System (SLS) de Boeing dès 2021.

Déjà, les rivaux de Boeing fournissent des engins spatiaux pour transporter des astronautes vers l’ISS dans le cadre d’un programme lancé par l’administration Obama. Ce programme est également soutenu par Trump et Biden. Cependant, le fait que Joe Biden veuille reporter la mission lunaire aura pour conséquence de supprimer de potentiels contrats pour des atterrisseurs lunaires et des équipements connexes que les entreprises auraient pu remporter. Malgré tout, ce report pourrait aussi promouvoir la concurrence entre Boeing et ses rivaux, comme SpaceX, qui proposent des systèmes de fusée et des véhicules spatiaux réutilisables pour des coûts moins élevés.

Néanmoins, tous ne sont pas d’accord avec l’agenda spatial de Joe Biden, notamment, Mike French, le vice-président du groupe commercial de l’Association des Industries Aérospatiales. Ce dernier déclare que tout décalage dans le calendrier spatial pourrait nuire aux efforts et aux réalisations qui ont déjà été faits.

 

 

Pour Joe Biden, le secteur spatial n’est pas sa priorité absolue

Malgré tout, rien n’indique que si Joe Biden remporte la présidentielle, il mettra les missions spatiales en suspens. En effet, d’après les informations de Reuters, le comité scientifique de la campagne de Joe Biden regroupe une vingtaine d’anciens hauts responsables et scientifiques de la Nasa. Ces personnes souhaiteraient augmenter le financement de la Nasa mais aussi tisser des partenariats avec d’autres pays.

Par ailleurs, Biden aurait déclaré en août qu’il était impatient de « diriger un programme spatial audacieux qui continuera d’envoyer des astronautes courageux pour étendre nos frontières scientifiques et d’exploration ». Malgré ces promesses, Joe Biden et son équipe ont également déclaré que pour l’heure, la priorité serait accordée à la résolution de problèmes plus urgents comme la pandémie de coronavirus ou encore le chômage.

 

 

La place de Boeing serait menacée

En marge de ces questions, l’équipe de campagne Biden serait divisée sur la fusée SLS de Boeing, d’après les informations données par plusieurs sources à Reuters. En effet, l’entreprise aurait pris plusieurs retards dans son calendrier de développement et des dépassements de coûts ont également eu lieu. De plus, la construction de cette fusée implique des dizaines de milliers d’emplois notamment en Alabama et en Californie.

Cette fusée de Boeing est également vue par les investisseurs comme étant un élément central dans les plans d’exploration de la Nasa et la seule voie pour la concrétisation du programme Artemis qui prévoit un voyage vers la Lune en 2024.

Cependant, en dépit de ces affirmations, des critiques ont également affirmé que la technologie vieillissante de Boeing ainsi que le prix de lancement d’au moins 1 milliard de dollars par mission devraient inciter le gouvernement américain à opter pour d’autres entreprises comme SpaceX et Blue Origin qui proposent de nouvelles fusées à prix plus compétitifs.

C’est au regard de tous ces points précités que Reuters, dans son article du vendredi 30 octobre 2020, a déclaré que l’issue de l’élection pourrait déterminer de nombreux points cruciaux dans le domaine spatial, aussi bien pour l’ISS que pour les entreprises comme Boeing, SpaceX et Blue Origin. Affaire à suivre.

 

 

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