Fred Volhuer, PDG d’Atlas V

Start-up française, leader européenne et présente sur le podium mondial des métavers, Atlas V a reçu le prix d’entrepreneur de la culture 2020 par R. Bachelot. Atlas V est à l’origine de certaines des œuvres les plus primées dans le domaine des nouveaux médias, avec des projets présentés dans des festivals de premier plan tels que la Mostra de Venise (Lion d’or 2018), Sundance (5 sélections), Peabody (prix Future of Media 2019), Tribeca, SXSW (Storytelling Award 2019), Sheffield, Telluride, Cannes, Busan, Sitges… En 2020, Atlas V a lancé une société de services à pleine capacité nommée Albyon, avec une équipe de spécialistes de la technologie en temps réel, qui opèrent à la frontière de la production de jeux vidéo et de films.

Biographie de Fred Volhuer

En tant que PDG d’Atlas V, mais aussi en tant que panéliste dans plusieurs conférences VR (Tribeca Film Festival, IFP Film week, Miami Filmgate, Mutek…) et conférencier au MIT, NYU et à Brooklyn College, le travail de Fred Volhuer illustre le pont grandissant entre la narration et la technologie. Avant de cofonder Atlas V, Fred a lancé une société de conseil pour soutenir les pièces créatives en VR/AR avec stratégies de marketing/distribution et travaille dans le domaine des crypto-monnaies. Il est également conseiller stratégique de plusieurs entreprises de technologies innovantes.

Entretien avec un entrepreneur inspirant : Fred Volhuer

Quel a été le “déclic” pour vous lancer pour la première fois dans le monde fantastique des startups ?

Entrepreneur depuis 2008 alors que j’avais 26 ans, j’ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à cette question à l’heure où j’approche de la quarantaine ! C’est certainement différent pour chaque porteur de projet, mais personnellement, j’ai toujours eu le sentiment de ne pas être un employé d’une société, mais un collaborateur. C’est l’idée et le collectif qui priment sur la hiérarchie, les leaders du projets sont ceux qui en ont la vision la plus claire, savent la communiquer, et s’entourer des bonnes ressources pour la réaliser. Pour donner corps à cette vision du travail, il me fallait devenir moi-même un porteur de projet et m’entourer de personnes de talent. J’ai d’ailleurs toujours eu la chance d’être associé dans toutes mes aventures entrepreneuriales, à des personnes extraordinaires.

Ce tempérament, tourné vers les idées, colle parfaitement à l’organisation d’une startup, dont le but est de tester et approuver une organisation et un modèle économique dans un marché en devenir. Dans les sociétés du groupe Atlas V, tout le monde a la parole et peut contribuer à la mise en œuvre des idées créatives. L’âge n’est pas un critère et une grande liberté est donnée aux porteurs de projets. Il est assez difficile d’imaginer un autre mode de collaboration pour moi maintenant.

Quelle a été votre plus grande réussite ? Comment l’expliquez-vous ?

A un niveau global, nous sommes assez fiers d’avoir été des précurseurs de l’informatique spatialisée, qui est une partie non négligeable de l’évolution des technologies de l’information vers le Web3 ou le métavers. Notre équipe a fait partie des premiers artistes et producteurs à s’emparer de la technologie 3D temps réel, utilisée majoritairement dans les jeux vidéos, pour créer des contenus narratifs immersifs. C’est ainsi que notre toute première expérience immersive, à l’origine de la rencontre des fondateurs de la société, est née. Nous avons immédiatement rencontré un franc succès aux Etats Unis, tout en nous appuyant sur un savoir-faire français en matière de création et financement des œuvres culturelles innovantes.

Quelles sont les prochaines étapes de votre développement ?

Après quatre années passées à explorer la grammaire de la narration immersive, réalisé plusieurs documentaires, fictions ou jeux en réalité virtuelle et augmentée, nous creusons trois différents sillons.

Le premier, dans la continuité de notre ADN de producteurs d’expériences, est d’aller chercher de grands partenaires pour réaliser des projets plus ambitieux. Il s’agit d’institutions culturelles majeures, nationales et internationales, avec lesquelles nous collaborons pour réaliser des exhibitions ou les faire entrer dans le métavers. Il y a aussi des partenaires de licenses très connus à l’international, contenus oscarisés ou best sellers, que nous adaptons en réalité virtuelle par exemple.

Le deuxième pilier de notre évolution est la R&D. Nous travaillons par exemple sur la diffusion de spectacles vivants en live dans les mondes virtuels, avec un concert à venir prochainement, en partenariat avec une grande chaîne de TV européenne. Nous avons créé un studio dédié aux technologies immersives, qui est situé à Lyon et s’appelle Albyon. Nous sommes très fiers de cette équipe et du travail accompli depuis près de 2 ans.

Enfin le dernier volet de notre expertise sur la chaîne immersive se nomme Astrea. Il s’agit ici de distribuer et publier des contenus immersifs. Issu du travail des sociétés du groupe ou acquis auprès de tiers, Astrea construit un catalogue de contenus qu’elle exploite à l’international. Je vous invite à le découvrir sur astreaimmersive.io.

Quelles sont les personnalités qui vous inspirent le plus ? Pourquoi ?

Yuval Noah Harari, auteur de Sapiens, entre autres, dont les écrits nous permettent de situer notre existence dans une rapport au temps et à l’espace qui nous dépasse. L’histoire nous aide à répondre à une quête de sens et nous permet de mieux nous concentrer sur l’avenir. C’est au final très apaisant. Pour la même raison, la lecture du « Gène égoïste » de Richard Dawkins est un trésor.

Quel conseil atypique donneriez-vous à tout entrepreneur qui se lance ?

Je lui dirais qu’il y a toujours du temps pour rêver. Nous sommes entrés dans une ère où les entreprises sont reconnues pour ce qu’elles projettent plus encore que pour ce qu’elles font. Il suffit de regarder la capitalisation boursière de Tesla par rapport à d’autres constructeurs pour s’en convaincre. Et la vision de Mark Zuckerberg sur la question du métavers en est l’incarnation la plus récente.

Certains diront que nous sommes devenus fous, je crois au contraire qu’en célébrant les idées, nous nous affranchissons de l’automatisation galopante de toutes les industries, et donnons une place décisive à la plus belle des caractéristiques humaines, la capacité de suivre nos rêves.

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