Armand Roldan, CEO de Hike

Alors qu’ils se sont rencontrés en 2011 en banque privée, c’est en 2018 que Armand Roldan et Julien Pupier ont créé leur première startup ensemble : Hike.

Une startup qui vient répondre à une question essentielle : comment réduire la charge mentale des collaborateurs ? Elle y répond grâce à une solution qui s’intègre aux politiques RSE et qui apporte une réponse concrète au bien-être financier du collaborateur.

Après de longs mois de tests auprès de plusieurs centaines de salariés, Hike prend son envol et envisage de lever des fonds pour recruter et accélérer son déploiement.

Rencontre avec Armand Roldan, CEO de Hike ; un serial entrepreneur qui … entreprend depuis ses 20 ans. Occasion de discuter de Hike mais aussi des échecs que l’on doit parfois surmonter pour entreprendre avec succès.

Entretien avec un entrepreneur inspirant : Armand Roldan

D’où vous est venu le nom « Hike » ?

Nous souhaitons valoriser l’humain, un de nos dictons est : l’humain est le capital.

Hike fait référence à “Human is capital (k)” et le mot anglais “HIKE” qui veut dire randonnée car une bonne santé financière prend du temps et nos objectifs changent tout au long de notre vie, chaque étape est déterminante.

Vous entreprenez depuis que vous avez 20 ans. Avec le recul, que conseilleriez-vous à l’Armand de ce temps-là ?

Je pourrais me donner pas mal de conseils, m’avertir des pièges à éviter, mais avec le recul, si je suis ici c’est “grâce” à mes erreurs de jeunesse. Je me dirais seulement de croire en moi, en mes idées et de les tester, d’aller le plus loin possible.

Votre première startup a périclité ; comment vit-on l’échec et comment rebondit-on ?

Tout d’abord je pense qu’il faut nuancer le mot echec, je parlerais plutôt d’expérience, si à chaque coup dur ou à chaque fois que l’on tombe on arrête, là oui c’est un échec. Si au contraire on s’en sert pour en sortir grandi, alors on peut en faire une force. On dit que l’on apprend de ses erreurs et dans le cadre de l’entrepreneuriat, c’est encore plus vrai.

Vous parlez de santé financière et de bien-être financier. Au même titre que la QVT, en quoi est-ce un levier de performance ?

Avant toute chose, il faut situer le contexte. Nous devons tous faire face à différentes situations de vie : mariage, divorce, PACS, décès, problématique de budget, endettement, fiscalité, protection des enfants, investissements etc … Toutes ces situations auront des conséquences financières directes pour certaines et indirectes pour d’autres ; mais toutes auront un impact.

Pour affronter ces situations il faut à la fois de bonnes connaissances et surtout du temps. Aujourd’hui, la population manque des deux.

D’un côté c’est un sujet complexe et de l’autre il devient de plus en plus difficile de concilier vie pro et vie perso. Tout cela va provoquer du stress financier chez le collaborateur et pas qu’un peu !

2 français sur 3 le déclarent et peu importe le niveau de revenus, pour 28 % cela leur apporte même des problèmes de santé…

Du côté de l’entreprise c’est assez simple, au delà d’une perte d’engagement des collaborateurs c’est aussi une perte de productivité calculée à 7 jours par an et par salarié. C’est une grosse perte financière.

Pour finir sur les entreprises, cela arrive au moment où le recrutement est de plus en plus difficile et la fidélisation n’en parlons même pas. Ce qui est paradoxal c’est qu’on entend beaucoup parler de qualité de vie au travail et de bien être au travail mais jusqu’à présent, on ne se préoccupait pas des véritables maux des employés.

S’attarder sur le bien être financier de ses équipes c’est leur apporter tous les moyens d’affronter les différentes situations de vie et d’atteindre leurs objectifs. Un collaborateur serein est un collaborateur beaucoup plus engagé.

Donc le bien-être financier est un réel levier de performance.

Parler d’argent, c’est pas un peu tabou en France ?

Complètement ! Même si cela change et c’est tant mieux.

La nouvelle génération est bien plus ouverte désormais mais la multiplication d’initiatives sur le sujet aide beaucoup. Si nous insistons beaucoup la dessus, c’est parce que c’est un sujet tabou qui isole encore plus un collaborateur.

C’est pourquoi il faut agir et vite.

Concrètement, comment fonctionne votre application ?

Notre application est une application de gestion patrimoniale et d’éducation financière. En fonction des objectifs de vie rentrés par le collaborateur, nous l’aiderons à les atteindre via notre “mesure de santé financière”.

Notre algorithme va permettre de mettre en évidence les axes d’améliorations et les recommandations. Une fois les objectifs atteints, nous allons apprendre aux salariés à injecter leurs convictions et leurs valeurs dans leur prise de décision. C’est là que la notion de bien être financier prend tout son sens. L’utilisateur aura aussi accès 7j/7 à différents experts financiers pluridisciplinaires par tchat, audio et vidéo.

La dernière partie se concentre sur des solutions comme l’assurance vie 100% responsable, le crédit, l’immobilier. Bien entendu, nous voulons apporter énormément de pédagogie via du contenu interactif.

Le salarié va analyser, assimiler et agir sur sa santé financière. L’application MyHike est là pour le guider pas à pas.

Après de longs mois en mode POC, le marché français est-il prêt pour votre innovation ?

Oui, nous avons de supers retours, lorsque nous parlons avec un dirigeant d’entreprise il comprend rapidement la démarche car il est lui-même accompagné et sait ce que peut provoquer une mauvaise gestion financière. Concernant les RH, ils sont à la recherche de solutions innovantes et lorsque nous parlons des différentes étapes de vie, tout le monde s’y reconnaît.

Du côté des collaborateurs, ils sont vraiment dans l’attente d’un outil simple, rapide et ludique pour les accompagner sur les différents sujets financiers. Notre application est maintenant disponible sur les stores et en plus des tests effectués sur l’année 2021 avec plusieurs entreprises, nous avons interviewé 1 500 collaborateurs ; les résultats sont plus que probants.

Du côté commercial, nous signons chaque mois de nouveaux clients.

Quels sont vos projets de développement ?

Nous souhaitons accélérer notre croissance sur le marché français et recruter des collaborateurs expérimentés. Nous avons une vision internationale et comptons nous déployer très rapidement dans les pays anglo-saxons et aussi sur l’Allemagne.

Une baguette magique : quelle somme souhaitez-vous lever ?

Dans un premier temps, on a pour ambition de lever la somme de 2,5 millions d’euros. Cela nous permettra d’étoffer les différentes équipes, de mettre en place de nouvelles fonctionnalités et surtout de satisfaire nos clients existants et d’en attirer de nouveaux.

Si Hike était une chanson ?

Harder, better, faster, stronger (Daft Punk). Cela représente bien l’écosystème !

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