L’ISS fête ses 20 ans et approche de sa retraite

Le lundi 02 novembre 2000, la Station spatiale internationale (ISS) accueillait à son bord son tout premier équipage. Trois hommes, dont l’Américain William Shephard et les Russes Sergei Krikalev et Yuri Gidzenko. Ils resteront quatre mois environ à bord de la station qui était initialement exigüe et peu accueillante.

En effet, 241 visites plus tard, le complexe s’agrandit et se voit munir d’installations de plus en plus modernes ainsi que de laboratoires spatiaux de haute technologie. Au total, 244 personnes de 19 pays différents auront séjourné à bord de la station spatiale et plus de 3.000 enquêtes scientifiques, impliquant 108 pays, auront été menés à bord de ce laboratoire spatial.

L’ISS, qui était née d’une volonté d’apaiser les tensions géopolitiques au lendemain de la Guerre froide, a rempli 20 années de bons et loyaux services. La NASA espère encore bien pouvoir l’utiliser jusqu’en 2028 ou même un peu plus. Toutefois, il semble difficile pour les astronautes de se projeter au-delà de cette décennie. La raison en serait que la Station spatiale internationale vieillit et ne serait pas loin de prendre sa retraite.

 

 

L’ISS ne coûte pas moins de 4 milliards par an à la NASA

Même si on pourrait croire que 20 ans, c’est loin d’être vieux, du moins en âge humain, ce n’est pas le cas pour l’ISS. Rien que sa présence dans l’espace et ses coûts de maintenance seraient hautement couteux. La NASA, par exemple, ne débourserait pas moins de 4 milliards de dollars par an pour maintenir l’ISS en état de marche et assurer les vols des astronautes. Un budget qui devient de plus en plus lourd à supporter pour l’agence américaine qui ambitionne d’explorer toujours plus loin dans l’espace.

Par ailleurs, l’ISS ne pourrait pas rester éternellement en orbite car elle est continuellement attirée par deux forces, la Terre et sa gravité, ainsi que par le vide intersidéral. Ce sont ces deux forces qui maintiennent la station sur sa trajectoire. Mais, même ainsi, l’ISS se heurte parfois à des molécules qui ralentissent sa vitesse et menacent de la désorbiter. Dans ces cas-là, l’agence spatiale américaine envoie des vols vers la station spatiale qui ont pour mission de la redresser.

 

 

 

 

Les scientifiques pensent déjà à la désorbitation de l’ISS

Savez-vous que pour mettre l’ISS en orbite, il aura fallu pas moins de 42 lancements, dont 37 lancements opérés par des navettes américaines ? Certains ont émis l’idée de désorbiter la station en la faisant entrer dans l’atmosphère pour qu’elle y brûle. Toutefois, cette opération aurait dû être menée par les navettes spatiales américaines, qui ne sont malheureusement plus en service depuis 2011.

Malgré cela, la NASA étudie plusieurs scénarios de désorbitation de l’ISS qui, pour l’instant, ne sont pas accessibles au public. Néanmoins, un groupe d’ingénieurs de la NASA et de Roscosmos a publié un article en 2017 qui faisait mention d’une option d’élimination de l’ISS.

En fait, la Russie dispose d’un véhicule cargo dénommé Progress. Il s’amarre souvent à la Station pour lui transférer du carburant dans les propulseurs du module de service principal afin d’alimenter la combustion de la structure, faire remonter l’ISS et lui permettre de poursuivre sa trajectoire normalement.

Dans le scénario de désorbitation, Progress ferait la même chose mais dans le sens inverse, c’est-à-dire, abaisser la station à l’altitude souhaitée. Les scientifiques pourraient ainsi calculer sa rentrée atmosphérique et cibler le Pacifique pour la retombée des débris.

Toutefois, si la théorie semble tenir, la pratique constituerait encore un immense défi qui pourrait ne pas conduire au résultat escompté. Il faut effectivement savoir que l’ISS pèse 400 tonnes et qu’elle mesure environ la longueur d’un terrain de football. Or, cette hypothèse des scientifiques a été basée sur les procédures de désorbitation menées sur la station spatiale Mir en 2001, laquelle faisait le tiers du poids de l’ISS.

Le problème étant que plus un objet est lourd et gros, moins l’atmosphère est susceptible de le brûler entièrement.

 

 

Une autre station spatiale s’apprête déjà à succéder l’ISS

En tout cas, si les scientifiques doivent encore trouver le meilleur moyen pour désorbiter l’ISS avec le moins de risques possibles, la relève est déjà assurée. En effet, quand l’ISS reposera au fin fond du Pacifique, sa place sera prise par la station chinoise Tiangong qui devrait prendre progressivement le rôle de l’ISS en 2023.

Tiangong, qui signifie Palais céleste, ne pèsera que 100 tonnes environ et elle comportera 3 modules. Les scientifiques estiment qu’elle devrait également évoluer en orbite basse et que sa durée de vie dans l’espace sera d’au moins quinze ans.

Comme dans l’ISS, Tiangong permettra aux astronautes de mener différentes expériences scientifiques à son bord et ils pourront même se préparer à des vols de longue durée. Pour finir, l’avantage de cette nouvelle station spatiale est qu’elle pourra être accessible à tout les pays membres de l’ONU.

 

 

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