Discrètement mais sûrement, la Chine avance la construction de sa station spatiale

La Chine continue de superviser la construction de sa station spatiale. Deux des trois taïkonautes de la mission Shenzhou-12 ont réalisé des travaux lors d’une sortie extravéhiculaire d’une durée de 4 heures, le 20 août 2021.

L’épopée spatiale chinoise ne cesse de progresser, malgré une faible couverture médiatique en Occident. Le 20 août, les deux taïkonautes Liu Boming et Nie Haisheng ont réalisé plusieurs travaux à l’extérieur de la nouvelle station spatiale chinoise (Chinese Space Station ou CSS), durant plus de 4 heures. Le troisième membre de l’équipage, Tang Hongbo, a assisté ses collègues depuis l’intérieur du vaisseau. La sortie extravéhiculaire était retransmise en direct sur internet et sur les chaines d’informations chinoises. L’administration spatiale nationale chinoise a confirmé la bonne conduite des travaux peu de temps après que les astronautes soient revenus dans le module, en avance d’une heure sur leur planning.

 

 

Image de la sortie extravéhiculaire du 20 août 2021. © CCTV, CGNTV

 

 

Seconde sortie pour les astronautes de la CSS

L’opération a débuté à 4h13, heure de Paris, et a permis aux astronautes d’installer plusieurs instruments et appareils afin d’améliorer le module principal de la station, Tianhe, dans lequel vivent les Hongbo, Boming et Haisheng depuis le 17 juin 2021. C’est la première sortie extravéhiculaire de Haisheng, commandant de la mission Shenzhou-12. Il prend la place de Hongbo, qui avait participé à la première session de travaux à l’extérieur de la station le 4 juillet.

Directement après leur sortie de la CSS, les taïkonautes, vêtus de combinaisons Feitian de seconde génération, ont installé des cale-pieds et une plateforme sur le bras robotisé de la station afin de manœuvrer en sécurité.

L’objectif de cette seconde EVA (pour « extravehicular activity ») était de mettre en place une caméra panoramique à proximité du sas de la station, ainsi qu’une pompe refroidissante. Celle-ci vient en renfort d’un système déjà installé dans le module Tianhe, et permet d’assurer le renouvellement et la stabilité thermique de l’air conditionné.

Peu après leur retour station, Liu Boming s’est exprimé dans le média d’État chinois CCTV, détaillant le déroulé de l’opération.

 

 

Les trois taïkonautes de la mission Shenzhou-12. © CCTV

 

 

Un nouveau hub scientifique spatial

Avec cette nouvelle sortie extravéhiculaire, la Chine démontre à nouveau sa maîtrise dans le domaine de l’aérospatial, après deux tentatives infructueuses de construction d’une station spatiale en 2011 avec Tiangong 1 et Tiangong 2 en 2016.

La CSS devrait être composée, à terme, de trois modules principaux. Tianhe, long de 16,6 mètres de longueur et d’un diamètre de 4,2 mètres, sera la structure principale de la station et lieu de vie des taïkonautes, complétée par les modules Wentian et Mengtian. Ces derniers, atteignant une longueur de 15,5 mètres chacun, seront utilisés à des fins scientifiques : les résidents de la nouvelle Tiangong (Palais céleste) y réaliseront la majeure partie des expériences scientifiques, à l’instar du module Nauka s’étant amarré à l’ISS le 30 juillet dernier.

La CNSA va connaître un nombre élevé de lancement, l’agence spatiale souhaitant compléter la station d’ici la fin de l’année 2022. La Chine a déjà annoncé que Tiangong pourrait connaître un ajout de 6 modules supplémentaires si la construction de la structure principale était un succès. En 2024, le télescope spatial Xuntian, similaire à Hubble, pourrait rejoindre les abords de la CSS.

 

 

Lancement du module Tianhe, le 29 avril 2021. © CNSA, CCTV

 

 

La Chine, nouveau mastodonte de l’espace

L’État chinois n’a de cesse d’accumuler les succès dans sa conquête de l’espace. Si la station spatiale Tiangong vient marcher sur les plates-bandes des puissances occidentales, concurrençant directement l’ISS, les ambitions de l’administration spatiale chinoise ne cessent de s’accroître.

Les succès de la mise en orbite autour de Mars de la sonde Tianwen-1 et l’arrivée réussie du rover Zhurong sur la planète rouge a motivé la CNSA à annoncer une mission de récupération d’échantillons martiens en 2030, avec l’envoi d’un rover destiné à prélever des roches afin de les renvoyer sur Terre. En parallèle, le premier citoyen chinois devrait poser le pied sur Mars en 2033 selon les estimations de l’agence spatiale.

Avant cela, la course à la Lune, relancée depuis l’annonce du programme Artemis sous l’administration Trump, reste une priorité. La Chine compte bien mettre un frein à l’hégémonie de la Nasa dans la conquête lunaire. En mars 2021, la CNSA et l’agence spatiale russe Roscosmos signaient un protocole d’accord scellant une collaboration devant aboutir sur la construction d’une base lunaire dans les années à venir.

Dans les prochains mois, la Chine effectuera plusieurs lancements dans l’objectif d’améliorer sa station spatiale. La mission de ravitaillement Tianzhou-1 sera lancée le 20 septembre depuis le Wenchang Satellite Launch Center, en amont de l’arrivée de l’équipage de Shenzhou-13, qui devrait atteindre le module Tianhe en octobre 2021.

 

 

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